News / 04 Mar 2010
Go to newsDéclaration commune – La Crise et l’Europe méridionale : La réponse de la Gauche Européenne
La situation économique de la Grèce ne justifie pas la propagande selon laquelle le pays est au bord de la « faillite » et ne pourrait survivre sans interventions extérieures et/ou politiques d’austérité gouvernementales. La dette publique grecque est importante, mais c’est aussi le cas dans d’autres pays européens, tels le Royaume-Uni ou l’Espagne.
Nous n’acceptons pas l’assertion selon laquelle la stabilité de l’euro nécessite des mesures d’austérité aussi dures que celles proposées par les gouvernements de la Zone Euro, l’Union Européenne et des organisations internationales comme le FMI et la Banque Mondiale. Toutes ces politiques promeuvent les intérêts capitalistes et augmentent le chômage et les taux de pauvreté à travers toute l’Europe, tandis que les banques privées sont renflouées par les gouvernements nationaux et la BCE à coup de milliards d’euros. Il ne saurait y avoir de stratégie de sortie de crise sans renforcement de l’économie réelle et de l’emploi, sans meilleure justice dans la redistribution des profits, sans démocratisation du pouvoir et de la propriété, comme condition a al mobilisation de fonds publics.
Les gouvernements de la Grèce et des autres Etats, principalement du Sud de l’Europe, sont enjoints a mettre en place des programmes de stabilité, qui augmentent TVA et taxes, réduisant les salaires, les aides sociales et les retraites, tandis que les banques et grandes entreprises n’ont jamais été aussi bien traitées. Parallèlement, les marges de profits des banques privées européennes ont considérablement augmentées, en raison de la différence entre les taux d’intérêts de leurs prêts auprès de la BCE (environ 1%) et les prix des obligations d’Etats qu’elles achètent (entre 6% et 7% dans le cas de la Grèce).
Nous luttons contre ces programmes néolibéraux de stabilité, sous lesquels les états membres sont soumis au chantage, et demandons une refondation sérieuse et en profondeur de l’UE et de ses politiques économiques et sociales. La lutte pour la démocratie en matière économique, la promotion de la solidarité et la protection des citoyens doivent devenir une priorité pour toutes les forces politiques de gauche et les acteurs sociaux.
Dans ce contexte, nous proposons quatre demandes immédiates qui doivent prendre place au sein de notre stratégie commune:
1. Défense de l’emploi des salaries et des retraites comme la première des priorités de toutes les institutions européennes.
2. Taxation de toutes les transactions financières spéculatives et abolition des paradis fiscaux sur le territoire européen.
3. Création d’une agence de notations européenne publique: les Etats ne peuvent plus longtemps être les otages des agences de notation privées, qui servent les intérêts spéculatifs.
4. Edition d’Eurobons. Cela permettra aux Etats membres d’emprunter à des taux d’intérêts raisonnables.
La Gauche Européenne exprime sa solidarité avec tous les peuples qui souffrent des effets de la crise capitaliste néolibérale, qui détériore sérieusement les droits humains et les conditions de travail, particulièrement pour les jeunes, les femmes et les migrants. L’UE devrait se sentir bien plus concernée par le bien-être des personnes vivant sur son territoire que par les banques et le grand capital.
Nous soutenons fermement l’initiative du Synaspismos et SYRIZA pour un combat coordonné des forces politiques de la gauche radicale en Europe méridionale, et leur collaboration avec les syndicats et mouvements sociaux, dans le contexte des principes généraux du Parti de la Gauche Européenne.
Comme première étape de ces activités communes, nous proposons les actions suivantes:
1. Les partis de la gauche radicale en Europe du Sud et le PGE ont décidés conjointement d’intensifier immédiatement leur coordination face aux effets de la crise. Parallèlement, ils appellent les autres forces politiques, les syndicats, les mouvements sociaux et les intellectuels progressistes d’Europe à agir ensemble, car la crise n’est pas un problème national mais un problème européen et mondial.
2. Le 24 mars a déjà été déclaré « Journée d’action européenne » par la Confédération Européenne des Syndicats. Les partis de la gauche radicale en Europe du Sud et le PGE participeront activement à cette journée d’action, a travers l’organisation d’actions communes dans les villes d’Europe et particulièrement dans les capitales du Sud, tout en diffusant leurs demandes et propositions programmatiques, dans le contexte du programme du PGE.
3. Durant ces mobilisations, nous proposons d’adopter le slogan commun: « Le peuple européen ne payera pas pour la crise. Unissons-nous pour une Europe de solidarité ! »
Rencontre internationale à Athènes, Grèce, le 28 février 2010
Etaient présents: Lothar Bisky, Président du PGE, Synaspismos (SYN), Grèce, Left Block (BE), Portugal, Izquierda Unida (IU), Espagne, Parti Communiste d’Espagne (PCE), Parti de la Refondation Communiste (PRC), Italie, AKOA, Grèce.
Original Language / FR



